Staline

Ce n’est pas pour rien que Staline se traduit par « l’homme d’acier » car il fut l’un des pires dictateurs que l’histoire ait connu, jouant d’une stratégie malicieuse dans l’ombre, donnant une image de lui, celle que toute une planète connaîtra. Comment la réalisation de Joseph Staline sous son régime a-t-elle été poussé jusqu’à dépasser la réalité ?

STALINE

Staline comme dans de nombreuses autres dictatures voulait que tout ce qu’y lui soit associé soit impeccable et la première des choses qui lui était associé était son pays, l’URSS. Il était pour lui capital de donner une image de son pays la plus proche possible de la perfection car son culte s’étendant par delà les frontières tous devaient croire que sous la main de Staline, un pays se portait merveilleusement bien. Staline voulait que son pays soit, sans jamais réellement le dire, grâce à lui associé à la réussite.
En 1933, exemple percutant, une famine sévissait l’URSS, le président français de l’époque Edouart Herriot visite le pays en train, aussitôt que Staline l’apprend, des mesures sont prises. Les rues sont nettoyés pour l’occasion, exceptionnellement de la nourriture est faite venir et des figurants sont même payés. Staline, avec ruse, avait ainsi mis Edouart Herriot dans sa poche, un point de plus pour l’image de Staline.

STALINE

 

Faisant attention à tout, ses vêtements n’étaient également pas anodins. Staline de temps à autre choisissait de porter souvent une tenue simple, comme un uniforme d’ouvrier pour montrer qu’il représentait son peuple tout entier, ne délaissant pas la zone ouvrière, où les quartiers les plus pauvres. Son régime soviétique voulant effacer toute forme de bourgeoisie, en s’habillant ainsi sobrement il entendait faire passer un message, celui qu’il était comme son peuple, qu’il était avec eux, qu’il ne choisissait pas un uniforme grand et beau mais qu’il voulait le plus possible effacer la distance entre lui et son peuple.

 

Sa tenue n’est d’ailleurs qu’un détail dans la mise en place du culte de la personnalité.
Ce culte pour le pouvoir soviétique sert à tisser, certes, des liens entre le chef et la population ainsi qu’à développer l’identité nationale mais il permet aussi de masquer les différents problèmes comme le manque de liberté ou les arrestations arbitraires. Staline était donc appelé « Grand guide des peuples », lui était même donné des noms probablement inspiré de la Bible, comme Abraham on le nommait « Père des peuples », tourné avec la propagande en « Petit père des peuples ».
Toutes formes de religion étant interdite, il détrônait évidemment la Bible car il n’était pas autorisé de croire en autre chose qu’en Staline. Il se présentait comme étant proche du peuple mais paradoxalement il était supérieur à tous. Chez de nombreux soviétiques fleurissaient des poèmes, véritables éloges à Staline comme celui ci de Rakhimov, Pravda, le 28 aoùt 1936, mis en musique par Sergueï Prokofiev.

« Ô grand Staline, Ô chef des peuples

Toi qui fais naître l’homme

Toi qui fécondes la terre

Toi qui rajeunis les siècles

Toi qui fais fleurir le printemps

Toi qui fais vibrer les cordes musicales

Toi splendeur de mon printemps,

Soleil reflété par des milliers de cœurs. »

 

On ne pouvait compter les affiches sur lesquels il accueillait bras ouvert des enfants aux sourires radieux à travers le pays. Une propagande monstre avait été mise en place. Il était partout, toujours à la première place. Son portrait était dans les usines, dans toutes les salles de classe, sur les trains et même dans les salles à manger. Il tenait toujours compagnie. Il devenait un membre de la famille à part entière, étant un peu comme le grand père de chaque famille, une image toujours encadrée par la propagande.

STALINE

STALINE

 

Son image devait être parfaite, aucun point noir n’était toléré. S’imposant une image de lui sans tache, il avait corrigé lui même sa biographie, vendue à des millions d’exemplaires. Staline eut cependant un problème qu’il cacha, préservant son image. Il fut durement marqué par la variole tôt dans sa vie, une maladie caractérisée par l’apparition de taches rouges sur la peau devenant des vésicules, puis des pustules avant de former une croûte.
Les moyens en médecine à l’époque était pour cette maladie peut etre efficace mais peu discret et Staline en garda de nombreuses cicatrices sur le visage. Que ce soit sur les photos, les affiches ou dans la rue il était maquillé et arrangé pour rendre ses cicatrices moins apparentes. Rien ne devait laisser croire que Staline avait une faiblesse ou une imperfection.

L’image de Staline, générée et entretenue par la propagande n’a jamais flanché au contraire puisqu’associé aux réalisations réelles ou fictives de son pays, sa notoriété n’en sortait que plus grande. La 2nde guerre mondiale, la défense de Moscou en 1941, nombre d’événements avaient permis à Staline de renforcer son pouvoir et son prestige. Alors qu’à côté de ça, les goulags continuaient de se remplir, inventés certes par Lenine son prédécesseur, mais utilisés, multipliés et fait marcher à plein régime à Staline.
Certains, complètement victimes de la propagande et aveugles devant l’inhumain de ces camps, avaient même flatté les goulags sous la main de fer de Staline,  les décrivant comme innovents et incroyables comme un ingénieux redressement de l’homme par l’homme. Le peuple, aveugle lui aussi, jurait fidélité, remerciait Staline pour tout ce qu’il faisait, l'adulait. Toute l’horreur de Staline était noyée dans un culte de la personnalité poussée à l’extrême, à travers une machination monstruseuse.

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site